Jean-Marc Bargeas
5 septembre 1937 - 17 avril 2013

Par Adeline


LA LÉGENDE DU ZÉPHYR

Le souffle qui remue imperceptiblement
Cette jeune glycine autour du vieux sarment
C'est l'âme d'un zéphyr dont je connais l'histoire
Pour l'avoir déchiffrée un jour dans un grimoire !

Donc : jadis un zéphyr flânant, musant, rêvant
Entra dans un très vieux castel en coup de vent
Et léger, étourdi, frôla de son haleine
Une enfant de seize ans qui filait de la laine.
Ses yeux étaient du bleu de ce lac languissant
Dont il avait ridé la surface en passant.

L'enfant, pour rétablir la coquette harmonie
De l'ondulé repli d'une boucle fournie
Eut un geste du bras, de la main et des doigts
Si triste, si troublant et si chaste à la fois
Que le petit zéphyr, faiseur de pirouettes
Qui comptait ses amours aux sauts des girouettes
Coutumier du mensonge et gaspilleur d'aveux
Pour l'avoir vue passer ses doigts dans ses cheveux
Sentit qu'il n'aurait plus désormais d'autre reine
Que l'enfant de seize ans qui filait de la laine.

Et dès lors, la fillette entraîna sur ses pas
Un amant éperdu qu'elle ne voyait pas.
Et lui fut tout heureux de pouvoir être encore
L'amoureux inconnu qui passe et qu'on ignore !

Dès qu'il apercevait ses beaux yeux rembrunis
Il courait lui chercher des chansons dans les nids.
Ne pouvant apporter toutes les fleurs en gerbe
Il allait lui cueillir des papillons dans l'herbe
Tous ceux des bois, des prés, des jardins, des bosquets
Et quand il avait fait (doucement) des bouquets
De rubis palpitants, de nacre, d'or ou d'ambre
Son souffle (doucement) les jetait dans la chambre.

Parfois jusqu'en Provence il allait voyager
Pour revenir plus lourd des parfums d'oranger.

A chacun de ses maux il avait un remède
Si la nuit était froide il se faisait plus tiède.
Si l'air était brûlant et le ciel orageux
Il rapportait du frais des grands sommets neigeux.
Quand elle avait un livre ... (effronté !) comme un page
Il soufflait à propos pour lui tourner la page.
Puis, quand elle dormait dans son petit dodo
Le zéphyr doucement écartait les rideaux.
Il mêlait, pour avoir de son corps quelque chose
Son souffle au souffle pur de la bouche mi-close
Longtemps il contemplait l'harmonieux dessin
Des petits doigts dormant sur la rondeur du sein
Et tout énamouré, pour apaiser sa fièvre
Sans qu'elle eût à rougir la baisait sur les lèvres.

Hélas ! Un jour, vêtu d'un somptueux pourpoint
Un seigneur arriva que l'on n'attendait point :
Il était jeune et fier et venait d'Aquitaine
Pour épouser l'enfant qui filait de la laine.
Sa grâce, sa beauté, quelques riches présents
Sans peine eurent raison de ce cœur de seize ans.
Après de grands saluts et des compliments vagues
On parla mariage, on échangea des bagues.

Si parfumés qu'ils soient, que peuvent les zéphyrs
Contre les cavaliers qui donnent des saphirs
Des perles, des colliers ?

En souffle de tempête
Le zéphyr se rua sur le castel en fête.

Pendant des jours, des nuits on l'entendit hurler
Secouant les vieux murs pour les faire écrouler !
Et le jour où l'on fut en cortège à l'église
Tour à tour aquilon, bourrasque, orage ou bise
Pour qu'on n'en jetât pas en chemin par monceaux
Il effeuilla d'un coup les roses des berceaux.
Enfin, suprême espoir, pendant le Saint Office
Il tenta de sécher le vin dans le calice.
Et malgré les efforts du vieux sonneur très las
Força la grosse cloche à ne sonner qu'un glas.

Et puis, il entreprit une effroyable ronde
Pour aller se grossir des tempêtes du monde
Et, terrible, fauchant les pays traversés
Revint au vieux castel après deux ans passés.

Il allait l'emporter comme un fétu de paille
Quand ... dans les flancs joyeux de la frêle muraille
Plus facile à briser qu'un tout petit rosier
Il vit un nouveau né dans un berceau d'osier.

Dans les yeux de la mère il lut tant d'espérance
Qu'il frémit au penser des possibles souffrances.
Et, vaincu, terrassé par l'amour triomphant
Rendit l'âme en soufflant sur un moulin d'enfant

Exhalant à la fois et sa vie et sa haine
Aux pieds de la maman qui filait de la laine.


Miguel Zamacoïs. (1866 - 1940)
Ecrivain, poète et dramaturge français.

Par Caroline

Il y a dix mille façons d'aimer
Jean-Marc avait sa façon bien à lui
qui dans mon coeur, en valait bien les dix mille autres...
Merci pour tous ces moments...

Par Nacer

Les sœurs de Jean-Marc avaient, ont, l'habitude de chanter et mimer le "charleston de Goulebenéze. Alors en souvenir des joyeuses fêtes, voici les paroles et une photo, pas très bonne des sœurs Bargeas. Cliquez sur la photo et vous aurez Le Charleston chanté par Goulebenéze.



Par Garance

Pour PAPI

Papi, tu as été un papi remarquable. Je me souviendrai toujours des bons moments que j'ai passé avec toi ! Et tu seras toujours dans mon coeur ! Je me souviendrai de ton sourire, de ton rire, ton visage et de ta bonne humeur...
Je t'aime et je t'aimerai à tout jamais !

Au revoir mon papi

Garance

Par Luc

Cher Chou,
à c't heure que t'as eu l'cala tellement décalé qu'au c'est coincé au fond du gousier
et maintenant que tu te r'trouve au fin fond du bout du bi du banc
j'te dirais comme je l'avais soupçonné y a déjà fort longtemps
que les pissenlits par la racine c'est bien mon cul,
puisque tu peux zou constater : au l'est la merde.
T'auras compris quand tu liras cette lettre que tu nous laisses bien seuls
et que les philosophes dans ton genre (même peu reconnus de leur vivants)
on la fâcheuse tendance à laisser bien malheureux les ceuces qui se retrouvent sans eux.
A dire vrai, ce que j'ai toujours apprécié chez toi au l'est que t'as jhamais eu ta langue dans ta poche et au fait bien piaisi d'avoir des gens qui nous raconte pas des menteries vu qu'au là rin d'pus haïssabe (que d'raconter des menteries).
Maintenant qu't'es pu là y nous manquera toujhours un p'tit truc qu'on aimait ben quand c'était que t'étais là (un p'tit jurons ou une anecdote) et quand on partagera un p'tit viski ou un russian on pensera ben fort à toi.
Au revoir mon chou, grosses bises à tous ceux que tu verras.

Par Laurent

"Est-ce que toi aussi ça te bouleverse
Ces quelques cendres que l'on disperse
Est-ce qu'aujourd'hui au moins quelqu'un te berce ?"
C. Miossec - Brest

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